La Montre à Gousset de Marie-Antoinette<br><br>

Personnages célèbres -

La Montre à Gousset de Marie-Antoinette

Par L'Horloger

Dans ce spécial Personnages célèbres, nous allons parler de Marie-Antoinette !

Le mystère de la montre à gousset de Marie-Antoinette, s’élucider a-t-il un jour ? Chef-d’œuvre d’Abraham Louis Breguet, célèbre maître-horloger et fournisseur officiel de la Cour Royale, cette montre aussi unique que prestigieuse fut commandée à ce dernier en l’année 1783 par, probablement, un admirateur secret de la Reine Marie-Antoinette d’Autriche. Ironiquement, son mari, le Roi de France Louis XVI, avait déjà offert à cette dernière différents modèles de montres à gousset issus également de la maison Brequet.

QUI ÉTAIT MARIE-ANTOINETTE

Qui était Marie-Antoinette

 

Marie-Antoinette, la reine de France jusqu'en 1792, date à laquelle elle et son mari, le roi Louis XVI, ont été détrônés puis décapités, est connue dans le monde entier pour son goût sophistiqué et son discernement pour les plus belles choses de la vie, comme les fêtes élaborées, les vêtements et accessoires haut de gamme, les bijoux exquis et les garde-temps les plus magistralement créées. Admiratrice des créations de Breguet, la maison d'horlogerie et de joaillerie fondée par Abraham-Louis Breguet sur le quai de l'Horloge à Paris en 1775. Marie-Antoinette ne se contentait pas de collectionner les montres, mais elle a également influencé d'autres membres de la famille royale et des membres de la cour de Versailles pour qu'ils les collectionnent également.

La reine est si fan qu'en septembre 1792, en attendant son procès, Marie-Antoinette demande une "simple montre Breguet" dans sa cellule de prison. Cette horlogerie fut finalement découverte dans la collection de Sir David Salomons, tout comme un des chefs-d'œuvre d'Abraham-Louis Breguet qui avait été commandé pour la reine par un officier de la garde royale.

Montre à Gousset Breguet n°160

L’élaboration de la montre

Il a fallu 44 ans pour terminer la montre de poche N°160. Marie-Antoinette n'a jamais vu la montre achevée, car elle a été envoyée à la guillotine dix ans avant son achèvement.

En 1783, un officier de la garde de la reine se rendit dans l'atelier de l'horloger Abraham-Louis Breguet au 51, Quai de l'Horloge à Paris avec une commande exigeante.

La montre de poche devait être aussi spectaculaire que possible, en intégrant toute la gamme des savoir-faire horlogers connus à l'époque. L'ordonnance stipulait que l'or devait, dans la mesure du possible, remplacer les autres métaux et que les complications, devaient être aussi nombreuses et variées que possible. Aucune date de livraison ni aucun prix n'étant fixés, l'horloger avait en principe carte blanche.

L'officier serait le comte Hans Axel von Fersen, un soldat suédois. Certains pensent également qu'il était l'amant de Marie-Antoinette, bien qu'il n'existe aucune preuve historique définitive dans les deux sens. C'était un comte suédois fringant et suave qui devint maréchal du royaume de Suède, général de cavalerie dans l'armée royale suédoise et aide de camp du comte de Rochambeau pendant la guerre d'Indépendance américaine

Abraham-Louis Breguet a commencé l’horlogerie suite à l’insistance de son beau-père du nom de Joseph Tattet. L’abbé Joseph-François Marie, un homme proche de la cour de France, a pris l’horloger sous son aile lui permettant d’établir des liens avec les hautes sphères dont Marie-Antoinette qui était fascinée par les montres de Breguet ainsi la reine de Naples, Caroline Murat (voir articles sur les montres autour de Napoléon Bonaparte), qui a acheté 34 montres à Breguet tout au long de sa vie.

Pendant que Breguet confectionnait la montre, la Révolution Française a éclaté, le forçant à arrêter de travailler sur la montre. Le 10 août 1792, la monarchie française s’effondre et la famille royale est emprisonnée au temple.

Pendant sa détention, Marie-Antoinette commande une simple montre Breguet.

Le 16 octobre 1793, quelques mois après le passage à la guillotine de Louis XVI, le 21 janvier, Marie-Antoinette suit le même sort.

La légende raconte que lorsqu’elle monta sur l’échafaud, elle tenait la simple montre dans sa main, ce qui est peu probable vu qu’elles avaient les mains attachées dans le dos.

En 1793, Breguet apprend qu’il risque la guillotine également, surement du à ses liens avec la cour royale. Il s’enfuit en Suisse puis en Angleterre où il travaille en autres pour le roi George III.

Une fois la politique stabilisée, en 1795, Breguet décide de retourner sur le quai des horlogers, à Paris où il reprend son travail sur la N°160 malgré la mort de son ex futur détentrice.

Le 20 juin 1810, le commanditaire, Axel de Fersen, meurt lapidé et piétiné lors d'un conflit sur la succession royale à Stockholm mais Breguet continue malgré tout de travailler sur la montre. Connaissant l’ampleur de la notoriété de ce garde-temps, nous pouvons dire sans hésitation, qu’il a fait le bon choix. De plus, il devait très certainement être sûr de pouvoir la vendre à un autre client, ce qu'il a d'ailleurs fait.

Une note de Breguet qu’il a écrite en aout 1823 indique qu’il a l’intention de la terminer bientôt mais malheureusement il ne verra pas ce projet se réaliser car il meurt le 17 septembre 1823.

La relève est assurée car les horlogers de Breguet, sous la direction de son fils aîné Antoine-Louis Breguet, reprennent le travail et l’achève en 1827, 4 ans après la mort de Breguet, 17 ans après la mort d’Axel de Fersen, 34 ans après la mort de Marie-Antoinette et 44 ans après que Fersen en ait passé commande.

Les caractéristiques de la montre à gousset

Estimée pour une valeur de plus de 30 millions de dollars, la montre de poche mécanique est dotée de 23 complications dont répétition des minutes, d’un calendrier perpétuel ou quantième perpétuel affichant le jour de la semaine, la date, le mois et le cycle des années bissextiles, équation du temps, affichage de la réserve de marche, thermomètre métallique, trotteuse centrale indépendante (fonction de chronomètre sans possibilité de remise à zéro) et et une petite trotteuse. Elle est recouverte d'or 18 carats et des saphirs ornent chaque surface de travail. En termes d'art, de complexité et de beauté, aucune autre montre au monde ne s'en était jamais approchée.

La Succession de propriété de la Marie-Antoinette

Après le parachèvement de ce bijou d’horlogerie, la montre fut vendue au marquis de La Groye, ancien page de la reine dans sa jeunesse qui la renvoya en 1838 pour un entretien mais ne la récupéra point car il mourut avant sans laisser d’héritier. Elle est ensuite restée dans la famille Breguet jusqu’à ce que la veuve de Louis-Clément Breguet, la dernière à diriger l'entreprise, la vende en 1887 à un collectionneur anglais nommé Sir Spencer Brunton.

Après la mort de Brunton, son frère qui en avait hérité la vendue à un collectionneur d’art d’origine néerlandaise, Murray Marks. Dans les années 1920, c’est au tour de Sir David Lionel Salomons d’entrée en possession de la montre. Salomons a constitué la plus grande collection privée de montres Breguet au monde avec pas moins de 124 pièces.

En 1925, suite à la mort de son père, Vera Salomons a hérité d’une partie de la collection, dont la "Marie-Antoinette".

Vera Salomons a ensuite fait don des objets horlogers que son père avait collectionnés au musée d’art islamique L.A. Mayer à Jérusalem, musée qu’elle a créé en 1974.

Le vol de la n° 160

La montre n’est restée que 9 ans dans le musée car le 15 avril 1983, un voleur inconnu a pénétré dans le musée insuffisamment gardé volant 106 objets dont la totalité de la collection de montre.

C'était le crime le plus cher jamais commis dans l'histoire d'Israël et l’idée la plus probable admise était que le vol s’était fait en interne, impliquant un fonctionnaire de musée.

L’affaire est restée ainsi non résolue pendant près de 25 ans jusqu’à ce qu’en 2008, on découvre le fin mot de l’histoire.

Un cambrioleur solitaire a découvert que le système d’alarme du musée ne fonctionnait pas et s’est introduit dans le musée. Son nom était Naaman Diller et sur son lit de mort, il a avoué à sa femme ce qu’il avait fait. Les objets ont ensuite été restitués au musée où vous pouvez aujourd’hui la voir.

Montre à Gousset Breguet n°1160

 

Même si la Vacheron Constantin Reference 57260 est actuellement la montre de poche la plus compliquée, la Breguet N°1160 Marie-Antoinette reste la 5ème montre de poche la plus compliquée au monde, même si elle est basée sur la montre de poche originale Breguet 160, qui a occupé la position de montre la plus compliquée jamais fabriquée pendant environ 100 ans après son achèvement en 1827.

Le groupe Swatch de Nicolas G. Hayek a acquis la marque Breguet en 1999. M. Hayek était obsédé par Breguet et son rêve s’est réalisé avec cet achat. Il a légué sa passion à son fils puisqu’il est PDG de la société.

Hayek senior était très penné de la disparition de la N°160. En 2004, il a alors décidé de produire une réplique de l'original entièrement basée sur des descriptions écrites et des dessins réalisés lors de la conception et de la construction de la montre de poche. Les documents comprenaient des archives et des dessins originaux du Musée Breguet, des archives de Breguet et du Musée des Arts et Métiers de Paris ainsi que des comparaisons avec d’anciennes pièces d’horlogerie fabriquée par l’atelier de Breguet.

Ils ont ainsi créé une montre à gousset qui reproduit le plus fidèlement possible la « Marie-Antoinette » et c’est ainsi qu’est née la N°1160.

Voici une vidéo de la présentation de ce chef-d'œuvre au Salon Mondial de l’Horlogerie et de la Bijouterie Baselworld.

Cette "Marie-Antoinette" du XXIe siècle est également une montre de poche automatique avec répétition minutes et calendrier perpétuel. La date est indiquée à 2 heures, le jour de la semaine à 6 heures et le mois à 8 heures. L'équation du temps est affichée à 10 heures, tandis qu'une aiguille des secondes indépendante balaie le cadran. Son thermomètre bimétallique est accompagné d'un affichage de la réserve de marche à 10h30. Elle est dotée de 823 composants et possède une réserve de marche de 48h. D'une largeur de 63 mm, en or 18 carats,63 rubis, la Breguet 1160 Marie-Antoinette a tenté de reproduire la 160 original de toutes les manières possibles, des complications au cristal de roche naturel On peut dire qu’il aura fallu moins longtemps à faire la 1160 que la 160.

Breguet a même produit un cadran "optionnel" pour la Breguet 1160 Marie-Antoinette.

C’est une pure coïncidence que Breguet ait dévoilé la montre de poche Breguet 1160 Marie-Antoinette quelques mois seulement après la découverte de la 160 originale.

Nicolas G. Hayek senior est mort d'un arrêt cardiaque dans son bureau en 2010 alors que sa précieuse Breguet Marie-Antoinette était sur le bureau. On attribue souvent le mérite à M. Hayek d'avoir "sauvé" l'industrie horlogère suisse.

Actuellement, la Grande Complication n° 1160 n'est pas à vendre.

La reconstitution de la Breguet Marie-Antoinette n°1160 n'est pas seulement un monument à la gloire de l'horlogerie du XVIIIe siècle, mais elle a aussi réalisé un exploit incroyable en donnant vie à une légende d'antan et en l'ancrant dans les temps modernes.

La Breguet 1160 a permis de rénover le petit Trianon

Comme le veut le destin, une tempête a frappé Versailles en 2005 lors de la fabrication du n° 1160, abattant le chêne chéri de Marie-Antoinette qui se trouvait à l'extérieur du Petit Trianon. Breguet a acheté l'arbre et a utilisé le bois pour créer une exquise boîte en marqueterie dans laquelle est logé la n° 1160. 

Planté en 1683, il avait atteint 35 mètres de hauteur et 167 centimètres de diamètre.

L'achat de l'arbre, qui aurait couté 7,34 millions de dollars, par Breguet a permis de financer une restauration complète de l'intérieur du Petit Trianon, ainsi que le renforcement de son infrastructure. Construit à l'origine par le roi Louis XV pour Madame Pompadour et conçu par Ange-Jacques Gabriel, le Petit Trianon a été offert à Marie-Antoinette par le roi Louis XVI en 1774.

Le Petit Trianon est devenu un lieu de retraite pour Marie-Antoinette, loin de la pression de ses fonctions et de la cour de Versailles. Le décor et la taille réduite de la maison reflètent son désir d'un mode de vie un peu plus simple.

Du monogramme de Marie-Antoinette sur l'escalier en fer forgé et en bronze doré, aux fleurs qui ornent les murs et le rembourrage, en passant par la quincaillerie très détaillée et l'extérieur inspiré des temples grecs, le Petit Trianon représente un site discret, mais néanmoins très Versailles, à voir.

Grâce à la création du n° 1160 et à la funeste tempête d'hiver qui a permis d'acheter l'arbre tombé, le Petit Trianon est un exemple éblouissant d'intérieur du XVIIIe siècle digne de la reine des reines, qui se perpétue pendant des générations.

 

Nous espérons que cet article vous a plu et que vous avez apprécié l'incroyable histoire de la montre à gousset de Marie-Antoinette.
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La Montre à Gousset : Une montre à votre goût !

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